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Le mâchon

Le repas que Lyon prend avant tout le monde.

Avant que Lyon travaille, Lyon mange. Le mâchon est un repas du matin, hérité des canuts, ces ouvriers de la soie qui cassaient la croûte à l’aube, après les premières heures au métier. Charcuterie, un verre de Beaujolais, une table partagée. Tôt. Très tôt.

On le sert encore, dans une poignée de bouchons, à ceux qui savent demander. Le tablier de sapeur, le saucisson chaud, les grattons, la cervelle de canut. Rien de léger. Le mâchon n’a jamais cherché à plaire à tout le monde.

Ce n’est pas un brunch. Ce n’est pas une animation. C’est un reste de ville ouvrière, gardé par quelques patrons qui ouvrent quand la nuit n’est pas tout à fait finie.

Le Beaujolais arrive en pot lyonnais, ce flacon au cul épais qui tient quarante-six centilitres. On ne compte pas les verres. On compte les habitués.

La plupart des Lyonnais n’y vont jamais. Ceux qui y vont n’en parlent pas beaucoup.

Le jour, lui, peut bien commencer.

Quelques repères

Qu’est-ce qu’un mâchon lyonnais ?

Un repas matinal traditionnel de Lyon, hérité des canuts, les ouvriers de la soie. On y mange de la charcuterie et des plats lyonnais accompagnés de Beaujolais, très tôt le matin, souvent dans un bouchon.

À quelle heure se prend un mâchon ?

Tôt, généralement entre le petit matin et le milieu de matinée, avant ou au tout début de la journée de travail. Certains bouchons le servent dès l’aube.

Qu’est-ce qu’un pot lyonnais ?

La bouteille à fond épais dans laquelle on sert le Beaujolais à Lyon. Elle contient quarante-six centilitres.